Selon l’INSPQ (2002), la stratégie de développement des communautés fait appel aux cinq éléments fondamentaux suivants :
La stratégie de développement des communautés implique donc une capacité collective à cerner et, ultimement, corriger des réalités sociales ou environnementales qui portent atteinte à la santé et au bienêtre
d’individus, de groupes, voire d’entités sociales entières (quartier, village, ville, MRC, région, etc.).
Le développement des communautés est une stratégie qui, de par sa nature même, doit être réfléchie et abordée avec modestie et précaution car elle met en jeu des transformations sociales hautement polémiques concernant, notamment, l’idéal démocratique et ses fondements de représentativité, ainsi que la légitimité et les limites de l’action des institutions au nom du bien commun. Bien que depuis toujours la santé publique ait cherché et soit parvenue à influencer la société, une application du développement des communautés dans un
milieu localisé commande préalablement un positionnement éclairé sur différentes questions fondamentales. En effet, de qui parle-t-on lorsque l’on parle de la communauté et qui est autorisé à en définir l’identité et les caractéristiques? Qui peut représenter la communauté et parler en son nom? Par quels procédés légitimes cette représentation est-elle déterminée? Autant d’interrogations essentielles et préliminaires à toute programmation d’activités dans un champ d’intervention encore à l’état de structuration. Faire l’économie d’une préparation basée solidement sur les connaissances sociologiques reviendrait à banaliser la complexité de la vie sociale et s’exposer à des erreurs évitables.
Le développement des communautés comporte assurément un potentiel positif pour la santé publique dans l’avenir, mais il comporte aussi à court terme des risques bien réels de précipitation et d’improvisation, que des motifs idéologiques si louables soient-ils ne peuvent en aucun cas justifier. La prise en compte des déterminants de la santé, parmi lesquels figurent l’environnement social et les conditions de vie dans leur complexité et leurs aspects les plus tenacement négatifs (pensons par exemple à la pauvreté et à l’exclusion
sociale), exige des autorités de santé publique une perspective critique et une modération capables de réserver le plus possible les efforts en vue du développement des communautés de la désillusion et des
dérives. Bien que la santé publique participe indéniablement de la dynamique sociale, elle n’a pas et ne doit pas avoir pour prétention de créer la communauté à partir de critères d’intervention et pour des fins qui lui sont propres. C’est pourquoi il importe, d’abord et avant tout, de bien poser les premiers jalons de notre contribution à la stratégie de développement des communautés, lesquels consistent en une réflexion critique sur ce champ d’intervention et une exploration éclairée des différentes avenues d’action envisageables.